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27.07.2008
Je suis un cyborg

Avant d’aborder le sujet il serait judicieux de se demander pourquoi Wild Side a attendu 10 mois entre le moment de la sortie de Je suis un cyborg en salle et sa première vision au festival de Deauville en avril dernier, et surtout pourquoi avoir distribué le dernier film de Park Chan-Wook dans un nombre de copie aussi réduit alors que ses précédents films avaient eu le droit à une distribution plus riche de la part du même distributeur. En tout cas l’attente fut très longue. On a cru même à un moment que le film allait arriver chez nous directement en DVD aux coté des gros navets américains et bis se voyant ainsi privé d’un visionnage sur grand écran. Mais le suspense est enfin rompu. Je suis un cyborg sort en salle ce mois ci. Après 1h40 de projection il serait juste d’admettre sans avoir de honte que Park Chan-Wook s’est planté
Une jeune fille prétend être devenue un cyborg. Internée dans un hôpital psychiatrique, elle va faire la connaissance de Park un autre malade qui prétend pouvoir s’approprier les folies et les dons des autres. Etant tombé sous son charme, il décide de la sauver quand celle-ci prend la décision de se nourrir uniquement de pile.

On nous avait bien prévenu que le réalisateur avait pour objectif de faire avec ce film un petit break entre sa trilogie de la vengeance et son futur film de genre sur les vampires. Les affiches coréennes diffusées depuis longtemps sur internet nous indiquaient clairement que le réalisateur allait s’engouffrer dans un monde complètement différent, plus léger de celui qu’il avait dépeint dans ses précédents films. Bien sur on ne peut pas lui demander de faire tout le temps des films de vengeance et d’action ultra violent. Un grand réalisateur comme lui se doit d’exercer ses talents de metteur en scène sur d’autres genres pour enrichir son travail. Sans faire de langue de bois on peut dire que l’histoire du film est nulle, sans intérêts. Contrairement à ce que pouvait dire Gabin, ce qui compte dans un film ce n’est pas seulement le scénario. On peut avec un scénario basique, voir sans intérêts, faire un très bon film grâce à une certaine maitrise de la mise en scène et de la grammaire cinématographique ainsi qu’avec une bonne direction d’acteurs. Connaissant la virtuosité de la mise en scène de Park on pouvait avancer les yeux fermés car on savait qu’on allait en prendre plein la vue. Malheureusement force est de constater qu’il n’en est rien car à aucun moment on retrouve cette mise en scène sublime et cette habilité qu’il avait de manier la caméra et à poser des ambiances ultra stylisées. Effectivement le film ressemble beaucoup à un film de Tim Burton période Edward aux mains d’argent et c’est surement là le problème car à aucun moment il n’arrive à se défaire de cette référence pour la modeler et la mouler à sa manière pour obtenir une œuvre maniériste. Pire encore ! Il préfère ne pas avoir recourt aux excellents talents d’acteurs de Choi Min-sik et Yeong-ae Lee (qu’il avait précédemment sollicité dans ses films ) pour les rôles principaux, Park décide d’engager deux jeunes acteurs inconnus au bataillon pour encore plus rompre avec le passé et proposer une œuvre radicalement nouvelle. Mais quand on sait que le plus gros point faible du cinéma coréen réside dans le jeu de ses acteurs souvent proche de ceux d’un Steven Seagal ou d’un Chuck Norris, il suffit de regarder les productions coréennes qui arrive directement en DVD chez nous pour être convaincu, il est très dangereux de faire abstraction de talents des uniques grands acteurs du pays. Résultat les acteurs tournent en roue libre, se perdant littéralement dans ce monde fou, ne dégagent à aucun moment une présence et une puissance émotionnelle pouvant servir à enrichir un récit très pauvre ayant besoin pourtant d’un minimum de soutien de la part des personnages qu’il anime pour pouvoir accrocher le spectateur.

Il est douloureux de dire cela lorsque l’on est amoureux du cinéma de Park Chan-Wook mais avec Je suis un cyborg il nous livre certainement une preuve de ce qui peut se faire de pire dans le cinéma Coréen. On parie que ce fut un choc pour les gens qui pensaient que ce cinéma ne se limitait qu’à des perles comme Memories of Murder, The Host, Sympathie for Mister Vengeance, 2 sœurs ou les premiers films de Kim ki duck. Non le cinéma coréen a aussi ses « Taxis » , ses « Bronzés » et ses films « cul cul nu nu la praline ». Difficile d’y croire quand on sait que les distributeurs français ont pendant longtemps essayé de nous les cacher.
Pour notre part nous ne sommes nullement décidés à enterrer Park Chan-Wook. On oubliera juste ce petit break pour se passer en boucle sa fameuse trilogie en attendant avec impatience son Evil Live.

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