15.09.2008
Miroir, miroir fidèle dit moi si je suis un mauvais ?

Il fût un temps où le nom d’Alexandre Aja me faisait iriser tous les poils de mon corps à chaque fois qu’il était évoqué à la télévision, dans la presse ou quand ses films sortaient au cinéma. Haute tension, vu à 16 ans pendant la fête du cinéma, m’avait réjouit au plus haut point même si cela sentait à plein nez la référence à toutes les bandes horrifiques les plus connues de l’histoire de cinéma. Le film était sincère et on sentait que le réal avait joué sa peau et s’était ruiné pour fournir le meilleur qu’il soit avec pas grand-chose. Son premier passage à Hollywood pour remaker le soit-disant chef d’œuvre de Wes Craven La colline à des yeux était également une vrai réussite et on pourrait même dire qu’il s’agit d’un des meilleurs remakes qui eut été fait avec le Halloween de Rob Zombie.
Cependant 2ème sous sol, une petite production horrifique écrite par Aja et son complice de toujours Grégoire Levasseur, finit par ralentir un tantinet l’hora que j’éprouvais pour le tout jeune réalisateur Français tant le résultat scénaristique était mauvais.
Comme chaque jeune réalisateur immigré sur le sol Hollywoodien le petit Alexandre Aja s’est vu confier la réalisation d’un remake du film d’horreur sud-coréen Into the Mirror. Je me rappelle l’avoir vu lors de sa sortie direct to DVD et j’en garde le souvenir d’un film plus que moyen dans la lignée de tout ce que la Corée du sud a produit en la matière de série B.
Quand je vois le traitement que La colline à des yeux a eu je ne me fais guère d’inquiétude quant à son relooking sous la plume du duo Aja/Levasseur. Pourtant force est de constater qu’avec le temps le talent se perd.

A la vue du film je me demande encore si Aja prend toujours du plaisir à faire du cinéma (même si sa dernière interview dans Mad Movie prouve le contraire). Car on ne sent plus cette rage dans la mise en scène, cette volonté d’offrir le spectacle le plus horrifique et sincère qui soit. Alors qu’il prétend avoir fait un film ultra sanglant et s’être grandement inspiré de Shining (là il va falloir m’expliquer pourquoi) j’ai comme l’impression qu’il se fait malheureusement guider par un cahier des charges des plus classiques laissant ainsi sa pate qui faisait de ses films des films brutaux. Finis les mouvements de caméra brusques, les bandes sons saturées et angoissantes. Finis les monstres et êtres les plus infâmes, les décors les plus sales qu’ils soient et ceux piqués d’images qui rappelaient de temps en temps l’aspect documentaire.
A la place Aja préfère filmer pendant 30 minutes Kiefer Sutherland marchant dans des ruines en alternant les plans larges et les semi gros plan avec une lumière classique, des effets horrifiques bateau (oups une ombre passe devant l’objectif et ça fait peur !) et utiliser une production design vraiment moche pour le coup (le centre commercial recrée en image de synthèse est une catastrophe). Et bien sûr je ne parle pas de tous ces clichés utilisés à gogo depuis la naissance du cinéma d’horreur et que l’on retrouve pour la énième fois dans ce film comme celui de l’homme qui se regarde dans une glace, se baisse et qui en se relevant voit dans le miroir un visage différent du sien. Moi j’en ai marre de toujours voir les mêmes choses dans les films et de savoir ce qui va se passer dans la seconde qui suit. Ca m’énerve encore plus quand il s’agit de films d’horreurs.
Alexandre Aja nous l’a répété un nombre incalculable de fois : il n’a pas cédé aux caprices de la Fox et a même menacé verbalement de quitter le projet si on ne lui laissait pas la liberté de filmer ce qu’il avait écrit. Si c’est le cas je lui conseillerai vivement d’arrêter le cinéma sous peine de voir sa carrière finir comme celle du regretté M. Night Shyamalan.

12:28 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : horreur, remake, asie
08.09.2008
Séance interdite

Dès le début du film quelque chose semble avoir changé. On serait incapable de dire s’il s’agit bien là d’un film français tant on nous avait pas du tout habitué à ce genre d’esthétique depuis des lustres. Image granuleuse, plein cadre, enchainement de travelling arrière et avant rythmés par un tempo infernal. On se croirait dans une ambiance poisseuse, limite irrespirable. On se croirait dans un film d’horreur des années 70.
C’est effectivement à cette période que le film débute. Une petite fille rasée, pleine de plaies sur le corps et complètement appeurée vient de s’échapper d’une usine où elle vient de se faire maltraiter, torturer et sous alimenter depuis plusieurs années. 15 ans plus tard, après avoir passé le restant de sa vie dans un centre spécial, elle vient sonner à la porte d’une famille plus ou moins bourgeoise avec un énorme fusil de chasse à la main. Sans pitié elle massacre tout sur son passage en criant : pourquoi vous m’avez fait ça ?

Martyrs c’est un peu le messie de toute une génération de cinéphage Français marquée au fer rouge par les classiques de l’horreur. Une sorte de moïse ou de Jésus qui arrive à un moment où on ne croyait plus guère à une résurrection du cinéma de genre sur notre territoire. Car oui Martyrs est bien le chef d’œuvre tant attendu, une œuvre radicalement folle, maudite et hantée. Maudite car comme tout le monde le sait le film a pendant très longtemps eu un long bras de fer avec la censure qui le menaçait d’une interdiction au moins de 18 ans (cela aurait été une première dans le sens où seuls les films pornos ont le droit à cette interdiction). Je suis en général très mitigé concernant les décisions de la censure en France mais là il ne fait aucun doute qu’on a affaire à une œuvre d’une violence abcerbe. Hanté car le film a été pensé et accouché sur le papier par un réalisateur quasi au bout du roulot et en colère envers le monde dans lequel il vit.
C’est d’ailleurs de la que provient tout le talent de Pascal Laugier qui avait déjà signé il y a quelques années le moyen mais prometteur Saint Age. En plus de connaitre l’histoire du cinéma de genre aussi bien qu’un Tarantino, Laugier arrive à tisser, avec une colère et une niaque qui manquait peut être à Xavier Gens, Bustillo et toute la clique, un sujet inédit et jamais vu autour de la notion du Martyr en se permettant tout de même de sortir des clichés de films de genre déjà vus et revus. Ca a l’air de pas grand-chose mais on est bien loin de Xavier Gens qui prétendait avec Frontière(s) relancer le cinéma de genre en France en ne faisant que recycler les films d’horreur qui ont baigné son enfance et sans y ajouter une quelconque touche personnelle. On a vraiment affaire à un film dans la lignée de Evil Dead ou Zu dans le sens où l’on sent que le réal mais tout ce qu’il a en lui pour fournir le plus beau plan quitte à se ruiner. C’est également ça qui a peut être manqué à ses prédécesseurs.

Cela dit quelques éléments, déjà fréquent dans d’autres films comme Frontière(s) ou A l’intérieur, me tracassent. Notamment l’utilisation de certaines partitions musicales à la guitare lors des scènes intimes entre les deux filles qu’on dirait tout droit sorties d’un épisode de Plus belle la vie et certains dialogues qui à mon sens sonnent faux quand ils sont prononcés par les deux comédiennes (qui au passage sont excellentes).
Comme disait le rédac en chef de Mad Movies Fausto Fasulo à propos du film : Pas de mot pour expliquer cette expérience. Je suis tout à fait d’accord avec lui-même si j’ai tout de même essayé d’en établir une critique bien incomplète. Merci encore Pascal.
22:31 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.08.2008
Putain c'est quoi ce bordel ?

Consternant. C’est le mot qui résume à la perfection le nouveau film de Mathieu Kassovitz Babylon A.D, film que l’enfant terrible du cinéma Français cherchait à mettre en scène depuis 5 ans. Dieu sait que jamais je n’aurais voulu qualifié le travail d’un réalisateur que j’ai toujours apprécié de la sorte mais là franchement on frise la catastrophe. Alors d’accord le film c’est fait dans la douleur, les relations entre les techniciens et les acteurs n’ont pas étaient toujours très tendre et La Fox à demander que le film soit raccourci de 70 minutes. Mais bon ce n’est pas tant les quelques ellipses flagrantes ni les quelques problèmes de mise en scène qui font que le film est ce qu’il est avant tout : une histoire nul avec des acteurs nul qui n’ont rien à dire. Et je parle même pas du doublage français qui mériterai d’occuper la place numéro 1 dans le top « plus mauvais doublage » sur nanarand.com.

J’ai bien voulu faire une fleur à Kassovitz et comprendre que Gothika, en dépit de quelques séquences plutôt stylés, n’était qu’un film de commande où les ricains ne lui demandaient ni plus ni moins que d’accomplir à la lettre le cahier des charges imposé sans y mettre une touche personnel. Là je suis choqué par le manque crucial de personnalité dans la mise en scène. Il n’y a aucune créativité dans le film à l’image de ce plan séquence où l’on suit une roquette de bazooka en bullet time pendant plusieurs secondes dans l’une des scènes clé du film. Franchement il n’y aurait pas pu y avoir un autre moyen de filmer ça ? Peut être qu’un réalisateur comme Christopher Nolan aurait eu l’intelligence de placer sa caméra autre part et oublier les effets spéciaux pour laisser place à la magie du montage. Et je ne parle même pas de cette fâcheuse tendance à monter des scènes d’action de 2 minutes avec 250 plans.

22:28 Publié dans Critique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kassovitz, films de science-fiction


